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Des portes du Xinjiang à Kashgar

14-05-2018 20:22

AG

Terres sauvages,

Des portes du Xinjiang à Kashgar

Au poste frontière entre le Qinghai et le Xinjiang, le policier en charge de notre interrogatoire s'inquiète des 300 kilomètres de désert qui nous séparent...

Au poste frontière entre le Qinghai et le Xinjiang, le policier en charge de notre interrogatoire s'inquiète des 300 kilomètres de désert qui nous séparent de la prochaine ville, Ruoqiang. Que nous campions dans la nature ne semble pas lui poser problème. Par contre, les températures fraîches nocturnes l'inquiètent... Le lendemain, un bus de la police nous arrête et propose de nous emmener à la ville. Avons-nous réellement le choix? Nous montons à bord de ce convoi en réalité organisé par l'agent du poste frontière. 250 kilomètres, entre montagnes et désert, et 3'000 mètres de dénivelé négatif. "Nous aurions eu le vent de face, de toute manière." nous répétons-nous tel un mantra pour refouler ce petit pincement au cœur de ne pas en profiter à vélo. Pour la première fois, l'un des agents a l'idée de traduire, via son téléphone portable, ses phrases dans la langue de notre pays et non en anglais. Sauf qu'il les traduit en suédois. Comme dans beaucoup de pays, en raison de la proximité langagière des termes, la Suisse est bien souvent confondue avec la Suède. Aurais-je pu imaginer que mes quelques connaissances de cette langue me serviraient un jour en Chine ?

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Ruoqiang. Immersion dans une réalité bien différente de celle connue dans cette même province en 2013. De sortie pour aller souper, nous nous faisons arrêter par la police et emmener au poste. Les photos d'Olivier sont passées en revue. Les agents sont perturbés car ils ne peuvent pas contrôler notre téléphone portable resté à l'hôtel. Puis du tout au tout le ton change et ils nous invitent à aller en leur compagnie à une "beer party". Croyant à une issue heureuse de cette mésaventure, nous nous rendons vite compte que l'intention est probablement de nous avoir à l'œil. Nous déclinons donc leur offre. Mais où que nous allions, nous sommes filés. Notre repas a un goût amer. De retour à l'hôtel, deux agents surgissent sans prévenir dans la chambre alors que je suis à moitié nue. Ils semblent mal à l'aise et face à une tâche qui les embarrasse. Leur objectif, contrôler les photos de notre téléphone portable. "Mais quel est le problème ?" "Procédure d'inspection ordinaire". Nous nous endormons avec le profond espoir que la situation ne s'étende pas à toute la province...

 

Espoir déchu. À l'oasis suivante, l'atmosphère est similaire. La police nous surveille sans discrétion alors que nous faisons le plein de provisions. Lotus dans cet état oppressant, la douceur d'une femme qui nous offre un repas alors que nous étions venus lui demander de l'eau nous rend mélancoliques. Les perles de sucre saupoudrées sur des tomates fraîchement coupées adoucissent timidement notre moral écorché. Douceur trop éphémère. Notre esprit devient aussi aride que les déserts que nous traversons, aussi amer que les interrogatoires subis aux nombreux check point.

 

À Qiemo, nous prenons un bus pour parcourir quelques 500 kilomètres; la raison initiale étant la durée de notre visa et notre souhait de ne pas devoir se presser de rouler. Plus de douze heures de trajet et une douzaine de check point, l'occasion de se confronter directement à la discrimination que subissent les Ouïgours.

 

Débarquant à Hotan à 23h00, nous partons en quête d'une chambre pour la nuit. Guidés par un ado-militaire dévoué et parlant un peu anglais, nous sommes catapultés d'hôtel en hôtel. Soit ils n'acceptent pas les étrangers, soit ils sont hors de prix, soit ils acceptent les étrangers mais ne peuvent nous enregistrer en raison de l'heure tardive. Notre guide demande l'aide de la police. Le haut responsable nous envoie dans des établissements qui n'ont même pas l'autorisation de nous héberger. Résolus à dormir dans la rue, un couple comprend notre problème et décide de nous emmener chez eux. Ils l'annoncent au poste du quartier, qui interdit cette invitation. Ce n'est qu'après 3h00 que nous trouvons un établissement. Dégoûtés, face au non sens de voyager dans de telles conditions, nous nous résolvons à rejoindre au plus vite Kashgar. Les quelques heures de repos n'ayant pas adouci cette amertume, nous embarquons dans un bus de nuit. Une expérience en soi. Et comme nous le fait remarquer un voyageur, il est quelque peu frustrant d'avoir de si belles couchettes mais de ne pouvoir en profiter que partiellement en raison des check point qui morcèlent notre sommeil. Lorsqu'un haut fonctionnaire reste bloqué plus d'un quart d'heure sur le mot "Bern" écrit en caractères chinois sur notre visa, nous rions jaune. Dans l'obscurité de la nuit, alors que nous descendons du bus, nous tombons nez à nez avec un Français sac au dos qui parlemente avec notre chauffeur. Sans avoir le temps de comprendre ce qui lui arrive, nous repartons, sans lui. Enfin nous arrivons à Kashgar, aux portes du Kirghistan. Le hasard nous fait rencontrer à nouveau notre Français mystérieux, Axel, qui nous conte alors son lot d'aventures et de mésaventures... Nous reste l'espoir de trouver dans cette vieille ville et l'auberge qui s'y niche un peu de repos pour nos esprits effarouchés.

Si les caravanes qui passaient au nord du désert du Taklamakan étaient attaquées par les Mongoles, celles qui passaient au sud pouvaient l'être par des Tibétains. 

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