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Svensklektion

08-01-2017 16:35

AG

Huskies 2016-2017,

Svensklektion

L’apprentissage d’une langue est une porte ouverte sur le peuple qui la pratique. Marque de respect, témoin d’un souhait de relations, quelques mots...

L’apprentissage d’une langue est une porte ouverte sur le peuple qui la pratique. Marque de respect, témoin d’un souhait de relations, quelques mots suffisent. Bonjour, merci, bonne journée; vocabulaire minimum que j’ai à cœur d’apprendre lorsque je fais d’un pays mon hôte. Lexique nomade généralement complété au gré des routes, des rencontres, des panneaux publicitaires et des paquets d’emballage. Si l’énergie et la durée du voyage me sont favorables, alors quelques rudiments de grammaire permettent de structurer ces connaissances.

 

L’étendue de notre séjour en Suède est tout à fait optimale pour l’apprentissage des bases de la langue, même si l’énergie et le temps manquent parfois. Il faut par ailleurs avouer que la plupart de nos relations quotidiennes ont été forgées avec des canidés ; guère aidant dans ce dessein. L’environnement se révèle néanmoins être source d’enseignements et nous fait découvrir des facettes alors ignorées de la langue et du peuple. Car si une langue permet d’entrer en relation avec autrui, elle est le révélateur d’une culture et d’une histoire qui s’étendent bien au-delà de la communication.

 

Un simple panneau routier peut en dire long. Combien de fois sommes-nous passés devant le panneau d’entrée dans la ville voisine sans saisir le sens de ce petit mot placé en-dessous d’ «Idre» : «Eajra». Nous apprendrons qu’il s’agit en réalité du nom de cette ville en langue sami. Si le Suédois est, depuis 2009 seulement, la langue officielle du pays, cinq autres langues sont reconnues officiellement comme langues minoritaires, dont le sami (lapon).

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Lors du retour de mon bref passage en Suisse en novembre dernier, un accident de la voie ferrée a été à l’origine de plusieurs rencontres atypiques: un danseur étoile du ballet de Stockholm à la retraite, une ingénieure en réseau d'éclairage, un étudiant éméché rempli de bonnes volontés. Notre langue commune : l’anglais. L’apprentissage de cette langue est devenue obligatoire en Suède pour tous les élèves, parfois dès la première année de scolarité déjà. Et le finnois ? Sachant que le suédois est l’une des deux langues officielles de Finlande, donc enseigné à l’école, je questionne l’un de mes interlocuteurs sur la «réciprocité». Différentes vagues d’immigration économique et politique (Finlande, Europe du Sud, Irak…) ont abouti en Suède dès les années 50. Loin de toute acculturation et dans le souci que les immigrants puissent maintenir leurs liens avec leur pays d’origine et leur famille, la Suède a mis en place un système éducatif linguistique adapté. Cinq élèves de langue commune suffisent à la mise en place d’un cours d’enseignement de leur langue maternelle. Parallèlement, un programme d’apprentissage du suédois en tant que langue étrangère leur est accordé. Toutefois, ce principe est ébranlé par le taux migratoire actuel et mon interlocutrice s’interroge. La Suède va-t-elle pouvoir continuer à proposer une éducation linguistique aussi diversifiée que les nouveaux membres qu’elle accueille ? 

 

Une enseignante belge dans une école internationale m’a fait un jour remarquer que la construction linguistique est en lien direct avec le type d’enseignement éducationnel. La langue française étant complexe, nombreuses sont les heures passées par les jeunes francophones devant un tableau noir. La disposition des pupitres s’est donc naturellement organisée de façon à pouvoir répondre à cette exigence. Des heures de remplacement auprès d’élèves suédois a fait prendre conscience à cette enseignante que l’organisation de l’environnement de la classe pouvait être tout autre, influençant par là-même la dynamique entre les élèves tout comme le type d’enseignement.

 

De là à dire que l’apprentissage du suédois est simple... Pour un débutant à l’oreille peu affûtée, le système de formation de mot par composition de plusieurs mots juxtaposés a de quoi décourager.  Si «anticonstitutionnellement» a de quoi faire peur à nos chérubins, les petits suédois doivent faire face à du «produktionsstyrningssystemsprogram-varuuppdatering»… Toutefois, quelques belles surprises attendent celui qui s’adonne à l’apprentissage de cette langue. Par exemple, le tutoiement est nationalement admis depuis 1960, ce qui facilite à la fois l’aspect linguistique mais également l’aspect social d’une relation. Avant cette «réforme du tutoiement», le rang d’une personne influençait la manière de s’y adresser. Mais à l’heure actuelle, l’on donne du «tu» à son voisin comme au Premier ministre, reflet d’une réalité nationale.

 

L’influence du français utilisé dans les familles royales au XVIIème siècle offre une once de répit dans l’apprentissage du vocabulaire. Malgré tout, il 

s’agit d’un répertoire peu utile dans la vie d’un handleur : parfum, balcon, salon, garde-robe... Plus chanceux sont les Suisses-Allemands. Ceci, ils le doivent à l’influence qu’exerça l’essor de la Ligue hanséatique (alliance de villes marchandes d’Allemagne) sur la Suède à la fin du XIIIème siècle. La présence de germanophones sur territoire suédois influença la structure de la langue ainsi que le vocabulaire. Des ouvriers qualifiés allemands venus exécuter des tâches spécifiques ont même donné leur nom de famille à la tâche qu’ils exerçaient ; termes qui font actuellement partie du vocabulaire suédois. Surprenamment, selon nos voisins et compatriotes, un Suisse-Allemand a plus de facilité à apprendre le suédois qu’un Allemand. Ceci, car la construction grammaticale de certains dialectes suisses-allemands est plus proche du suédois qu’elle ne l’est du bon allemand. Une partie de l’explication réside dans le fait que le suisse-allemand n’est pas une déformation tardive de l’allemand mais est issu d’un stade antérieur de cette langue. Puis le temps et l’espace ont oeuvré. Finalement, loin de toute réalité, cela serait un peu comme si un Québécois avait plus de facilité qu’un Français à comprendre un Sénégalais...

 

Un jour d’automne, je me rends avec Dominique, notre voisine, auprès de la vétérinaire norvégienne en raison d’une inflammation musculaire de l’un de nos chiens. Ces deux femmes discutent, plaisantent, décident, se racontent. Chacune dans la langue de son pays. La frontière géographique est à quelques kilomètres du cabinet. Si la frontière linguistique est administrativement bien réelle, elle semble en cet instant évanouie, rendant ainsi hommage aux peuples vikings à l’origine de ces échanges possibles.

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