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De Golmud aux portes du Xinjiang

05-05-2018 19:15

AG

Terres sauvages,

De Golmud aux portes du Xinjiang

Nous avions à plusieurs reprises songé voyager en Mongolie, sans jamais concrétiser ce rêve. Finalement, c'est la Mongolie qui vient à nous...

À Golmud, nous vivons sous les bons auspices de la gérante de l'auberge qui se prend d'affection pour nous et dans l'effervescence de jeunes voyageuses chinoises. Beaucoup s'en reviennent ou s'en vont à Lhassa grâce au train qui relie les deux villes. Comme une bien maigre compensation à l'interdiction qui nous est faite de nous y rendre à vélo, nous tentons de glaner une once d'atmosphère qui règne autour de cette porte d'accès à la région autonome du Tibet. Mais loin de la belle gare que l'on imagine, c'est une succession de bâtiments et de portails de sécurité qui nous empêchent d'apercevoir ne serait-ce qu'un rail de chemin de fer.

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Finalement, c'est la Mongolie qui vient à nous, et en grandes pompes.

Nous avions à plusieurs reprises songé voyager en Mongolie, sans jamais concrétiser ce rêve. Finalement, c'est la Mongolie qui vient à nous, et en grandes pompes. Costumée, animée et arrosée, cette fenêtre éphémère sur un peuple et ses coutumes nous a été façonnée par une communauté mongole habitant au Qinghai. À peine sortis de Golmud, distinguant un attroupement en retrait de la route, nous décidons d'aller y jeter un bref coup d'œil, le temps de quelques clichés. Ce n'est finalement que le lendemain matin que nous reprendrons la route... Notre arrivée trouble la foule. Notre faciès, tel un aimant, attire regards et appareils photos, au détriment des danseurs et chanteurs traditionnels se produisant sur scène. Le maître de la communauté et président de ce festival traditionnel nous invite à nous asseoir à la table d'honneur sur l'estrade pour la partie officielle. À l'appel de nos noms, comme l'ont fait nos voisins de table, nous nous levons et saluons la foule sous son ovation. Les jockeys succèdent aux spectacles scéniques et offrent aux venus la raison de leur présence : la course de chevaux. Les hommes sont-ils trop grands ou les chevaux pure race mongole trop petits, les assemblages offrent parfois un résultat loufoque. En invités d'honneur nous sommes conviés au banquet qui s'en suit, dans l'intimité privilégiée des proches du responsable et dans la chaleur d'une yourte. Pour l'occasion un mouton a été tué et apprêté. Assis sur des coussins nous suivons la valse des plats qui s'empilent sur les tables basses. Au centre de la yourte, un poêle à charbon garde chaud le thé salé au lait dans lequel un morceau de beurre est parfois ajouté. Boisson supplantée par l'alcool d'orge en fin de journée, servi solennellement dans de grands bols en métal. Un ténor additionne de son art l'émotion à l'ivresse. Alors que les aînés se retirent en fin d'après-midi, nous restons avec un petit groupe et le cérémonial laisse peu à peu place à l'émancipation de la jeunesse. Jeu d'enfants ou jeu à boire, c'est avec ébahissement que nous les voyons jouer à "feuille, caillou, ciseaux, un, deux, trois!" Avant d'eux-mêmes s'en aller, ils ont à cœur de nous confier : "Nous sommes Mongol, pas Han. Mais nous devons vivre sur leurs terres." et "C'était notre destinée de vous rencontrer". Nous restons seuls avec les échos de ces rencontres. Nous nous endormons, les yeux dans les étoiles, et la tête au-delà ...

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À partir de Golmud les distances s'étirent, nos vélos s'alourdissent. Le désert ne plaisante pas; lorsqu'il n'y a rien, il n'y a rien. Et lorsqu'il n'y a plus rien dans les sacoches, cette vérité n'est que plus vraie. Alors nous anticipons. 13, 21, 26 litres; les quantités que nous emportons augmentent conjointement à la température. Un vent de face et la seule inquiétude que nous ayons est de trouver un lieu à l'abri pour la nuit. Un vent dans le dos et nos calculs s'envolent. En caravansérails modernes, murs d'enceintes d'antennes de télécommunication, étables abandonnées, yourte ou dortoirs de chantiers gracieusement prêtés nous protègent. Un soir, alors que nous pensions nous être défait du vent en montant la tente derrière un mur, nous devons nous résoudre à plier notre campement en milieu de nuit; le vent a tourné. Dans l'obscurité, à la lumière de nos frontales, nous dévalons les dunes jusqu'à un bâtiment repéré plus tôt. La lumière émanant des bâtiments m'encourage à escalader l'entrée grillagée. Les employés de cette station de raffinage, après s'être remis de leur surprise, nous installent dans leur salle de jeu et nous invitent à prendre le petit-déjeuner avec eux le lendemain. Ils nous font signer ce que nous comprenons être un livre d'or et réalisons qu'une quarantaine de cyclo-voyageurs sont passés ici avant nous!

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Cette immensité de néant et de vent force l'admiration de ceux qui l'ont jadis parcourue... Lorsque la brume nous prive de l'horizon, lorsque monotonie est le maître mot de ce qui nous entoure, lorsque seul le compteur confirme que nous avançons, une journée de vélo, c'est long. Lorsque le jour suivant, nous redébutons la partition... Et lorsqu'enfin nous voulons prendre une chambre d'hôtel pour nous dépoussiérer, nous nous confrontons avec amertume aux lois hôtelières. La police vient nous déloger d'une chambre d'un hôtel nous ayant acceptés mais n'ayant pas de licence pour accueillir les étrangers. Qu'il n'y ait aucun établissement autorisé à nous héberger ne semble pas poser problème à l'autorité. Nous n'avons qu'à retourner à la ville précédente, à 70 kilomètres, soit à deux heures de vélo selon mon interlocuteur...

 

Nous entrons dans la province du Xinjiang bien plus difficilement que nous ne sommes entrés dans le pays. Nous passons plus de deux heures au Check Point - frontière. Questions, photos, contrôle du matériel, lecture du règlement concernant les étrangers, attente surtout. Les couteaux sont interdits et c'est de justesse que nous sauvons les nôtres. Les appareils photos sont contrôlés en quête de clichés prohibés. La loi surpasse sans ménagement la vie privée. Olivier saura entrer dans leur jeu qui n'a rien de ludique en insérant dans ses photos un gros plan de ses fesses.

Marco Polo disait de la région du Xinjiang que l'on a parcourue à vélo:

"Ni bête, ni oiseau il y en a pas, car ils ne trouvent rien à manger. Les fantômes en revanche sont légion et ils appellent les voyageurs pour les attirer dans le vide, où ils périront inévitablement. Même en plein jour les hommes entendent ces esprits et souvent on croirait qu'ils écoutent les accords de nombreux instruments, spécialement les tambours, et le fracas des armes. Avant de dormir, ils plantent un signal pointant vers la direction où ils doivent repartir..."

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